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2 mai 2022 1 02 /05 /mai /2022 18:07
CHANSON DE LA VEILLE

 

 

Chanson de la veille.

 

Quand la lune broie le jour, comme elle pince comme elle déchire. Elle sortilège. Je crépuscule. Une inquiétude me cimente dans le soir. Maîtresse de la nuit, malicieuse traîtresse, ton vague s'empare de mon âme. La feuille d'enfant quitte sa fronde, les orifices lèvent leur pont. Le vice envahit la nuit. À quoi bon que je monte, la saison est trop haute et il se fait très tard. Je vide mon sac et tu me renvoies. À minuit tu m'éteins et tout fout le camp. Je croyais que demain… Et n'ai pu qu'espérer.

Quand ton chien suivait le mien, qu'il était bon le temps. Nos cerveaux étaient neufs, aujourd'hui notre vieillesse est veuve, et son parchemin réduit à la vente. Tu auras l'usufruit du souvenir, tu me vendras à la sauvette sur les quais parmi les vermisseaux. Les pentes auront aussi leurs voiles. Et ta pelisse tendre que devient-elle. Et nos baisers hiboux, nos mains de ficelles comme elles faisaient fou. Tu te rappelles.  Sur ton radeau en colère ta folie en tapage arrimait notre vaisseau. Quel vagabondage, quelle expédition sauvage. Nous nous croyions armés sur nos arbres perchés.

Je tenais ta limace printanière entre deux doigts d'hésitations. Nos décisions étaient belles, nos escales des poubelles. Oui princesse égarée d'un ailleurs pestilent, je t'aime de main morte. Je suis ton trip à quatre pattes, tu pompes ma pâleur électrique. Mes écluses fondent sur ton passage, je te conjugue en bavant. Tes bulles éclatent de haine, d'humeur sans gêne. Si tu veux un marmot, cherche dans mes graines, tu trouveras une goutte de surplus et tu verras combien coûte ma peine.

Celle que je croyais loin était celle que j'aimais. Mon artichaut s'est fendu sur ton glaive brûlant. Ton corps me fait cuirasse. Je ne sens plus tes dents, où les as-tu laissées. Dans quelle couche encore t'es-tu semée. Les vieux disaient que ça ne repoussait pas et toi hirondelle tu m'as planté. Je circule en nageant dans ton arène fermée. Ouvre-moi je t'en supplie. Descends. Envoie-moi l'envie que tu a cachée. Les chaussettes se vident mais ce n'est pas moi. Et te souviens-tu comme elles sentaient l'amour ! Le dernier, juste avant que l'époque ne fût percée. Nous avons fui d'un désaccord parfait de deux notes brisées.

Il y eut un silence et tu repris les chansons de la veille. Mes craintes sont restées. Écoute si ça ne va pas n'hésite pas appelle-moi. Je décrocherai l'horizon de ton champ dévasté. Nous aèrerons nos mines et construiront un musée. Nous l'ouvrirons aux fées. Tu nous feras du miel, que je te servirai en costume de lion. Je rugirai ton sexe, tu dompteras mes restes, et nous nous aimerons comme deux fous sans nuit.

 

 

 

Guy Aguenier

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