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6 octobre 2026 2 06 /10 /octobre /2026 17:17
L’IDEE FIXE

 

 

 

L’idée fixe

 

 

 

La pensée ne dépend pas que de nous. Elle a la bride sur le cou et vagabonde à sa guise. Elle trouve sa source dans l’insondable. Elle ne répond pas à la volonté et subit les lois de l’évolution plus ou moins hasardeuse du discours. Elle ne s’arrête de s’animer. Sinon elle se fixe et devient réitération. Hors sens pour soi comme pour l’autre. Balivernes mentales. Ressassement du même à perpétuité. C’est l’enfer sur terre. Partagé dans le purin de la mort. Qui pue la charogne. Fausse note sur le gazon de nos pâquerettes. La vraie mort pousse sur la vraie vie. Emplie de vraie beauté de sincérité de vérité et de pauvreté bien vécue. Reçue avec la grâce de l’inconnu en vadrouille. Buissonnière sur le chemin ardu des nécessiteux de la foi que nous sommes. Idée fixe. Calvaire sur terre. Sans l’aubaine salvatrice du rêve Pour déverrouiller le système en souffrance. Quand on n’a plus rien d’autre à faire que subir le destin délétère

 

 

 

 

Félix Léry

 

 

 

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5 octobre 2026 1 05 /10 /octobre /2026 23:09
PERDRE RETROUVER

 

 

 

Perdre retrouver

 

 

 

Certains se plaignent de tout rater. D’autres se gaussent de tout réussir. Les deux sont à côté de la plaque. Dans l’angoisse il faut récupérer le perdu dans le perdu. C’est-à-dire traverser l’impossible. Modifier de fond en comble sa manière d’exister. Découvrir son regard. Apprendre à voir. Affûter ses sensations. Dépasser aigreurs et plaintes. La peur de mourir. En acceptant l’abandon peut-être retrouverons-nous tous les perdus passés présents et futurs. Sous une autre forme avec une flexibilité mieux placée. Le raté deviendra une anecdote. Qui ne se trompe par trop de confiance aveugle. Trouver dans l’échec un peu de modestie. Qui serait acceptable et bienvenue. Il conviendrait d’accueillir le temps de rater ses ratages. Faisons comme si on ne pouvait pas s’empêcher de réussir. Il sera toujours temps tranquillement de retrouver ses succès et ratages un peu plus tard. Sous une autre forme sous d’autres cieux. Loin du tout merveilleux la chance de vivre offre un horizon d’intranquillité sereine et hasardeuse. Ouverte à tous les hasards et caprices de l’incertitude

 

 

Félix

 

 

 

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1 octobre 2026 4 01 /10 /octobre /2026 13:53
HIER SANS LENDEMAIN

 

 

 

 

 

Hier sans lendemain

 

 

Ne vous êtes-vous jamais demandé depuis combien de temps vous étiez mort. C’est-à-dire vivant pour simplifier la question. Certains comme moi auront du mal à répondre vu l’ambiguïté de la chose. Certes c’est tordre le temps à sa guise selon humeur dépression ou trop de pression.  Donc je ne parlerai de rien d’autre que des pâquerettes et marguerites que nous oubliions de cueillir et effeuiller à bon escient. Parce que trop occupé à vivre. Avec des préoccupations moins banales. Mais ce n’était qu’une question a fortiori sans réponse. À bon entendeur salut. Hier sans lendemain c’est ici et maintenant. Sans gêne ni question stupide. Curieux cependant je ne pus m’empêcher une dernière information. Est-ce encore loin l’Amérique demandais-je à qui de droit. Tais-toi et nage répondirent-ils.

 

 

 

Félix Léry

 

 

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30 septembre 2026 3 30 /09 /septembre /2026 14:25
DANS UN COURANT D’AIR

 

 

 

 

Dans un courant d’air

 

 

 

On se crispe peu ou prou au contact de l’étranger. Celui qui vous accoste. Qui s’excuse de vous déranger pour vous parler. Vous signifiant qu’il vous reconnaît. Vous demande si c’est vous qui étiez là-bas vingt-cinq ans plus tôt. Je me souviens de vous dit-il dans telle circonstance. Avec un sourire aimable au point de vous émouvoir. Oui c’est vrai j’y étais. Vous n’avez pas changé dit-il. C’est trop aimable à vous répondis-je merci. Mais où est le cigare que nous aviez sans cesse à la bouche. C’est vrai mais il est resté perché sur vingt-cinq années passées. Après cette brève rencontre dans un courant d’air impromptu une larme a parcouru mon âme. Cette reconnaissance inattendue venue d’ailleurs dans une situation incertaine me saisit agréablement. Comme une résurgence d’un passé émouvant délicieux. Une émotion contemporaine venue d’un autre temps. Après cette brève évocation c’est une autre histoire qui se raconte et fait jour. L’oubli n’étant que l’effacement du calendrier. Mais ce sourire en complicité partagée est présence puissante inattendue. Présence qui attendait sa réactualisation une recréation. Sur les traces d’un passé archivé. Loin de l’angoisse du vide au-dessus duquel nous vivons suspendus. Un étranger avec qui on vit cinq minutes. Le temps d’un bonjour d’une évocation d’un passé sans attaches ni sentiments. Juste une sympathie qui brise l’indifférence. Une sorte de silence sonore cueilli sur le seuil de nos présences sur le chemin de l’absence.

 

 

 

Guy Aguenier

Félix Léry

 

 

 

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18 septembre 2026 5 18 /09 /septembre /2026 10:11
RENDEZ-VOUS

 

 

 

 

Rendez-vous

 

 

 

 

Un rien de rendez-vous.

En ravissement de personne.

Le pont d'un regard.

Sans l'estuaire d'une attente.

Noyé jusqu'au silence.

Sur des effluves solitaires.

Agitation spécieuse.

Parmi les flottilles de l’oubli.

Bonheur consumé.

Perdu dans le terrible obscur.

le temps ne sert juste à rien

qu'à couler dans l'abîme du sien

 

 

 

 

 

 

Guy Aguenier

 

 

 

 

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18 septembre 2026 5 18 /09 /septembre /2026 09:37
AU-DELA DE L’AU-DELA

 

 

 

 

Au-delà de l’au-delà

 

 

C’est encore ici et maintenant

Que tout se conjugue qu’on ignore

Les lignes rouges sont toujours confuses

Quand s’approche le jour d’un rendez-vous absent

Raté de plus dans la ringuette mitée des jours alignés

Quelques esprits endormis s’en donnent à cœur joie

Pour faire école de quelques lignes de conduite

Quand on sait que rien d’avance ne se prédit

Que même le pire n’annonce le meilleur

Que de jeu malheureux à risquer

 Une Fausse métamorphose

Il faut un relent de confiance

Pour se livrer au caprice du hasard

Celui-ci n’a rien à gagner de nous suivre

La mièvrerie de nos gestes est de mauvais ton

Une effronterie au destin incompris qui nous guette

Plutôt que faire des plans sur la comète au-delà de l’au-delà

Abandonnons tout de suite les croyances acquises mal archivées

 

 

 

 

 

Guy Aguenier

 

 

 

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17 septembre 2026 4 17 /09 /septembre /2026 22:51
LA OU LE POEME

 

 

 

 

Là où le poème

 

 

 

Le lexique se vide quand la lecture fuit son office

L’humeur chagrine traverse de confuses larmes

Une flamme tente sa chance entre lumières

Le souffle persiste l’inspiration hésite

Brèves coulées dans l’infini du noir

Sans étoile la boussole se perd

Des paresseux mènent le bal

Les sentiments adhèrent au délire

Les compléments de rimes font défaut

Dans l’élan du quatrain perdu décalé en prose

Sous le nez médusé de cellules mutilées de sommeil

La révolte veille immanquablement obnubilée d’un souci

De renversement radical saupoudré d’évasion des sentier battus

Et donne aux phrases des grains de violence là où le poème manque

 

 

 

 

Guy Aguenier

 

 

 

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17 septembre 2026 4 17 /09 /septembre /2026 22:51
AU-DELA DU PRINCIPE

 

 

 

Au-delà du principe

 

 

 

 

À la croisée des chemins

Bifurcation calvaire en question

On peut passer à droite et à gauche

Sans pouvoir se tromper

La loi du hasard régit la chance

 Avec plus ou moins de bonheur à la clé

Vaste prairie ensoleillée

Champ vert peuplé de pavots et coquelicots

Paradis enchanteur de jeunesse

Avec une fleur à la boutonnière

Sans boutonnière ni fleur

Comme la vie est simple et parfaite

Quand on apprend à regarder les yeux fermés

Avec un clin d’œil droit de travers

Face grimée d’acier usée du temps

Grimace de fortune expression de misère

Ouverture à l’ombre géante

Des tournures d’esprit en marche tangente

Suivre à son parfum la vérité

Quel que soit le sens du vent et sa destination

Suivre de plus près son mystère

Pour y trouver sa source d’’inspiration

 

 

 

 

Guy Aguenier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 septembre 2026 2 08 /09 /septembre /2026 09:51
CONFESSION À MÉRE

 

 

 

 

 

CONFESSION À MÉRE

 

 

 

Que dire de soi quand on se lâche à se dénoncer des pires faiblesses. Comment qualifier les demandes de pardon à répétition humiliante. Il y a un âge pour tout sans qu’on n’ait toujours à choisir. Mais une énigme m’enchante désagréablement. Me pousse dans des retranchements abusifs. Me confine dans des positions humiliantes. Une phrase s’est glissée dans un rêve qui me disait qui tentait de me dire ce qui se cachait dans cette ambiguïté obscure absurde. Je vous demande pardon de m’avoir abandonné. De m’avoir fait naître sans identité. De n’avoir su me dire qui vous étiez dans votre méchanceté hideuse. Je vous demande pardon mère de m’avoir abandonné. Après m’avoir fait naître. M’avoir privé de nom presque jusqu’à en mourir. Pardon de m’avoir toujours fait taire pour vous éviter de me dire. Les pires vérités de votre miséreuse destinée. Je vous demande pardon de m’avoir maltraité en toute impunité sans vergogne. Je vous demande pardon de n’être pour rien dans votre vie de messaline insalubre. Je ne regrette pas de n’avoir rien à ajouter à ce passé désastreux. Qui continue de me détruire quatre-vingt-quatre ans plus tard. Fâcheuse histoire honteuse impossible à raconter encore moins à oublier. Gravée dans le marbre d’un présent presque heureux sans résilience.

 

 

 

 

 

Félix Léry

Guy Aguenier

 

 

 

 

 

 

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26 août 2026 3 26 /08 /août /2026 11:07
CARNAGE DU DÉSIR

 

 

 

 

 Carnage du désir

 

 

 

Affrontements sanglants d'un clan d'hommes contre un panel de femmes furieuses. Voyage bestial dans le bocage du désir refoulé. Question dévoyée perdue dans la pagaille des hostilités. Le brassage d'émotions brouille la clairvoyance du rêveur. Les lignes se brisent s'affirment et disparaissent. La vision vacille devant la violence de la rencontre. Les éléments se télescopent au point de fusionner. Les esprits s'échauffent les corps viennent se briser sur le rocher des solitudes infernales. Un mouvement de fond bouleverse l'ordre acquis des fausses sagesses. Les armes s'activent de fulgurances meurtrières. L'affrontement efface les différences longtemps crues étanches.  Dans la mêlée plus rien ne se reconnait dans un sexe comme dans l'autre. Les identités ont revêtu le masque du phallus en éruption. La cité se recouvre des cendres du passé. Les larves posthumes se camouflent dans le combat. C'est une lutte à mort en chemin de croix de jouissance. Les dégâts collatéraux sont considérables. Les paillotes endiablées du sommeil d'été volent en éclats. L’univers démonte son chapiteau pour des velléités nomades. La construction n'a pas encore trouvé son terrain d'entente. Les plaies sont vives et la rancœur git à cœur ouvert. La déception des plaies réclame un délai pour la régénération des silences à venir.

 

 

 

                                                 Guy Aguenier                                                                     Félix Léry 

 

 

 

 

 

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