7 octobre 2026
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Repentance meurtrière
Remettre le couvert sur sa culpabilité. Ce n’est pas le chemin à l’endroit. Mais une vision de fuite rétrograde. On n'oublie pas ce qu’on a fait. On ne s’excuse pas de l’avoir fait. On assume et paie les pots cassés. Réparables ou pas. C’est se dire que c’est fait et qu’avec un gros travail sur soi ça ne se refera peut-être pas. Il faut accepter l’inéluctable traversée de l’angoisse. On ne doit pas regretter le pire. Pour construire le présent sur les ruines du passé qui est le nôtre. Simplement. Humblement. Sans gloire. On ne se cache pas. On ne se montre pas non plus. On reste dans l’ombre. En silence. Accomplissant sa peine sans rien dire. Les choses sont comme elles sont. Et nous sommes comme nous sommes sans pouvoir changer grand-chose. La repentance mortifiante ne fait que répéter mentalement le drame et entretenir sa charge nocive. Disons halte à la repentance meurtrière qui ne conduit qu’à la réitération sans s’en rendre compte. Le chemin est épineux qui conduit au cœur de soi pour comprendre. En osant regarder et voir. Voir où ça déconne et peut-être déconnera encore. Si nous n’y prenons gare. Courage sans fuir assumer le passage scabreux très étroit douloureux qui fait grandir en devenant. Dans la dignité d’aimer et être aimé sans retour.
Félix Léry
Published by Guy Aguenier
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POÉSIE
7 octobre 2026
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Danièle Vienne Aguenier ...acrylique sur toile
Abstraction fumeuse.
La superstition chez l'humain est chose naturelle. La sélection semble une opération plus délicate, quand il s'agit sur la sellette de la mise en morceau des différentes parties de l'être corporel et mental. Un traitement pour le tronc commun. Chose commune. Incinération symbolique parcimonieuse. Mise à l'étuve réglée de manière à stériliser les défaillances organiques. Crémation des idées pour désembuer les ciboulots réfractaires. Sélection nébuleuse des membres destinés à des fonctions spécifiques. Fabrique du nouvel homme au service de l'industrie, de l'humanité bien-pensante et créatrice. Ce n'est ni eugénisme ni élimination massive. Mais une mise en carrière de l'individu mal différencié dans un système hyper productif décomplexé. Paisible formule adaptée à la nouvelle donne. Les responsables ferment les rideaux et les yeux pour créer l'ambiance propice aux convivialités discriminantes. Au-dehors les autres végètent en terrasse. Cultive les envies, ont l'air de se marrer et vivre dans une gaieté indigente. Chacun dans sa gravité, fait grise mine devant le clapier de la fabrique du surhomme. Rêver et cauchemarder. À l'intérieur on réclame de la lumière. On feint de regretter que personne n'entre dans le cénacle idéologiquement glauque. Dans un confort de prison dorée où on s'emmerde sans pouvoir en sortir. Mépris généralisé des uns contre les autres Le service social est simple et sophistiqué, copieux et frugal c'est selon. Tout est contradiction. Absurdité exclue de toute logique interne comme externe. Rien n'est vraiment désagréable, mais le régime choisi oblige à accepter l'inéluctable dépendance au milieu. Les amphis reçoivent beaucoup de monde. Devant un écran vide, un grand écran comme une page blanche verticale immense. Les individus sont offerts à une sélection impitoyable à laquelle chacun appartient et appartiendra. On triche pour profiter des menus alléchants offerts aux impétrants privilégiés. Quand rien ne destine à aucune de ces glorieuses sphères, on se remue le cul sans pleurnicher. C'est l'apprentissage à vivre autrement avec le manque et les autres. Partie de dupes dans l'acceptation des différences. À la recherche d'inégalité parfaite. À vivre dans un désordre précaire bien établi. Un sourire sur l'homme dans ce temps d'abstraction et de fumée blanche des élus.
Guy Aguenier
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POÉSIE
7 octobre 2026
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09:51
Danièle Vienne Aguenier... (aquarelle)
arraché à la nuit
la vérité que je mens a été instruite
un soir d’accident généalogique orageux
je vivais sur une branche mouillée
quand l'ange exterminateur l’arracha
je sens une impression d’étrangeté
difficile à décrire tant le paysage est utérin
le feu a carbonisé le nom sous moi
dans l’instantané d’une scène primitive
ce n'est pas un incendie volontaire
comme un témoin l’avait laissé supposer
ignorant de la vitesse des lumières
j’évite le parallèle avec celle des rumeurs
un prompt vertige d’écœurement
donne fatalement un coup à l’ascendant
quoi qu'il en soit l'arbre s’est brisé
sur un coup de foudre raté et mal soigné
la piste dégagée et les dés lancés
les états d’âme sont prohibés il faut y aller
et c’est dur d’avancer sans se cogner
quand on tombe d'un nid arraché à la nuit
guy aguenier
Published by Guy Aguenier
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POÉSIE
7 octobre 2026
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Sculpture Danièle Vienne A.
Tentative d'évasion
La férocité du prédateur prendrait-elle sa source au sommet de la faiblesse de sa proie. Mettant en évidence une cruauté latente. Au fond de chacun. Allant de soi. Scénario aléatoire de l'intime. Pour que la scène se joue ou se déjoue selon la règle. Dans une sorte de simplicité des essences primitives. Nature révélée difficile à admettre. Certains aspects de l'évidence. Dans la réalité l'histoire retrace l'animalité qui sommeille. Aucune loi ni morale dans n'importe quelle culture n'y changera jamais rien. Surveillance et répression resteront le crédo de l'échec. Dans un refus de comprendre et accepter la complexité. La pauvreté du fragile ouvre une piste à ouïr. L'entrée en vie exclut les tentatives d'évasion. La jungle des passions déchire les extrêmes. Mort et vie nous intiment des offres inamicales. Contradictions propres à notre condition. N'offrons pas nos fissures aux vanités scabreuses. Il pourrait nous en coûter de fatales déconvenues. En nous consolant d'avoir été au mauvais endroit sans l'avoir choisi. Pas de chance.
Guy Aguenier
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POÉSIE
6 octobre 2026
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L’idée fixe
La pensée ne dépend pas que de nous. Elle a la bride sur le cou et vagabonde à sa guise. Elle trouve sa source dans l’insondable. Elle ne répond pas à la volonté et subit les lois de l’évolution plus ou moins hasardeuse du discours. Elle ne s’arrête de s’animer. Sinon elle se fixe et devient réitération. Hors sens pour soi comme pour l’autre. Balivernes mentales. Ressassement du même à perpétuité. C’est l’enfer sur terre. Partagé dans le purin de la mort. Qui pue la charogne. Fausse note sur le gazon de nos pâquerettes. La vraie mort pousse sur la vraie vie. Emplie de vraie beauté de sincérité de vérité et de pauvreté bien vécue. Reçue avec la grâce de l’inconnu en vadrouille. Buissonnière sur le chemin ardu des nécessiteux de la foi que nous sommes. Idée fixe. Calvaire sur terre. Sans l’aubaine salvatrice du rêve Pour déverrouiller le système en souffrance. Quand on n’a plus rien d’autre à faire que subir le destin délétère
Félix Léry
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POÉSIE
5 octobre 2026
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Perdre retrouver
Certains se plaignent de tout rater. D’autres se gaussent de tout réussir. Les deux sont à côté de la plaque. Dans l’angoisse il faut récupérer le perdu dans le perdu. C’est-à-dire traverser l’impossible. Modifier de fond en comble sa manière d’exister. Découvrir son regard. Apprendre à voir. Affûter ses sensations. Dépasser aigreurs et plaintes. La peur de mourir. En acceptant l’abandon peut-être retrouverons-nous tous les perdus passés présents et futurs. Sous une autre forme avec une flexibilité mieux placée. Le raté deviendra une anecdote. Qui ne se trompe par trop de confiance aveugle. Trouver dans l’échec un peu de modestie. Qui serait acceptable et bienvenue. Il conviendrait d’accueillir le temps de rater ses ratages. Faisons comme si on ne pouvait pas s’empêcher de réussir. Il sera toujours temps tranquillement de retrouver ses succès et ratages un peu plus tard. Sous une autre forme sous d’autres cieux. Loin du tout merveilleux la chance de vivre offre un horizon d’intranquillité sereine et hasardeuse. Ouverte à tous les hasards et caprices de l’incertitude
Félix
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1 octobre 2026
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Hier sans lendemain
Ne vous êtes-vous jamais demandé depuis combien de temps vous étiez mort. C’est-à-dire vivant pour simplifier la question. Certains comme moi auront du mal à répondre vu l’ambiguïté de la chose. Certes c’est tordre le temps à sa guise selon humeur dépression ou trop de pression. Donc je ne parlerai de rien d’autre que des pâquerettes et marguerites que nous oubliions de cueillir et effeuiller à bon escient. Parce que trop occupé à vivre. Avec des préoccupations moins banales. Mais ce n’était qu’une question a fortiori sans réponse. À bon entendeur salut. Hier sans lendemain c’est ici et maintenant. Sans gêne ni question stupide. Curieux cependant je ne pus m’empêcher une dernière information. Est-ce encore loin l’Amérique demandais-je à qui de droit. Tais-toi et nage répondirent-ils.
Félix Léry
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30 septembre 2026
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Dans un courant d’air
On se crispe peu ou prou au contact de l’étranger. Celui qui vous accoste. Qui s’excuse de vous déranger pour vous parler. Vous signifiant qu’il vous reconnaît. Vous demande si c’est vous qui étiez là-bas vingt-cinq ans plus tôt. Je me souviens de vous dit-il dans telle circonstance. Avec un sourire aimable au point de vous émouvoir. Oui c’est vrai j’y étais. Vous n’avez pas changé dit-il. C’est trop aimable à vous répondis-je merci. Mais où est le cigare que nous aviez sans cesse à la bouche. C’est vrai mais il est resté perché sur vingt-cinq années passées. Après cette brève rencontre dans un courant d’air impromptu une larme a parcouru mon âme. Cette reconnaissance inattendue venue d’ailleurs dans une situation incertaine me saisit agréablement. Comme une résurgence d’un passé émouvant délicieux. Une émotion contemporaine venue d’un autre temps. Après cette brève évocation c’est une autre histoire qui se raconte et fait jour. L’oubli n’étant que l’effacement du calendrier. Mais ce sourire en complicité partagée est présence puissante inattendue. Présence qui attendait sa réactualisation une recréation. Sur les traces d’un passé archivé. Loin de l’angoisse du vide au-dessus duquel nous vivons suspendus. Un étranger avec qui on vit cinq minutes. Le temps d’un bonjour d’une évocation d’un passé sans attaches ni sentiments. Juste une sympathie qui brise l’indifférence. Une sorte de silence sonore cueilli sur le seuil de nos présences sur le chemin de l’absence.
Guy Aguenier
Félix Léry
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18 septembre 2026
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Rendez-vous
Un rien de rendez-vous.
En ravissement de personne.
Le pont d'un regard.
Sans l'estuaire d'une attente.
Noyé jusqu'au silence.
Sur des effluves solitaires.
Agitation spécieuse.
Parmi les flottilles de l’oubli.
Bonheur consumé.
Perdu dans le terrible obscur.
le temps ne sert juste à rien
qu'à couler dans l'abîme du sien
Guy Aguenier
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18 septembre 2026
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09:37
Au-delà de l’au-delà
C’est encore ici et maintenant
Que tout se conjugue qu’on ignore
Les lignes rouges sont toujours confuses
Quand s’approche le jour d’un rendez-vous absent
Raté de plus dans la ringuette mitée des jours alignés
Quelques esprits endormis s’en donnent à cœur joie
Pour faire école de quelques lignes de conduite
Quand on sait que rien d’avance ne se prédit
Que même le pire n’annonce le meilleur
Que de jeu malheureux à risquer
Une Fausse métamorphose
Il faut un relent de confiance
Pour se livrer au caprice du hasard
Celui-ci n’a rien à gagner de nous suivre
La mièvrerie de nos gestes est de mauvais ton
Une effronterie au destin incompris qui nous guette
Plutôt que faire des plans sur la comète au-delà de l’au-delà
Abandonnons tout de suite les croyances acquises mal archivées
Guy Aguenier
Published by Guy Aguenier