6 octobre 2026
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L’idée fixe
La pensée ne dépend pas que de nous. Elle a la bride sur le cou et vagabonde à sa guise. Elle trouve sa source dans l’insondable. Elle ne répond pas à la volonté et subit les lois de l’évolution plus ou moins hasardeuse du discours. Elle ne s’arrête de s’animer. Sinon elle se fixe et devient réitération. Hors sens pour soi comme pour l’autre. Balivernes mentales. Ressassement du même à perpétuité. C’est l’enfer sur terre. Partagé dans le purin de la mort. Qui pue la charogne. Fausse note sur le gazon de nos pâquerettes. La vraie mort pousse sur la vraie vie. Emplie de vraie beauté de sincérité de vérité et de pauvreté bien vécue. Reçue avec la grâce de l’inconnu en vadrouille. Buissonnière sur le chemin ardu des nécessiteux de la foi que nous sommes. Idée fixe. Calvaire sur terre. Sans l’aubaine salvatrice du rêve Pour déverrouiller le système en souffrance. Quand on n’a plus rien d’autre à faire que subir le destin délétère
Félix Léry
Published by Guy Aguenier
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POÉSIE
5 octobre 2026
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Perdre retrouver
Certains se plaignent de tout rater. D’autres se gaussent de tout réussir. Les deux sont à côté de la plaque. Dans l’angoisse il faut récupérer le perdu dans le perdu. C’est-à-dire traverser l’impossible. Modifier de fond en comble sa manière d’exister. Découvrir son regard. Apprendre à voir. Affûter ses sensations. Dépasser aigreurs et plaintes. La peur de mourir. En acceptant l’abandon peut-être retrouverons-nous tous les perdus passés présents et futurs. Sous une autre forme avec une flexibilité mieux placée. Le raté deviendra une anecdote. Qui ne se trompe par trop de confiance aveugle. Trouver dans l’échec un peu de modestie. Qui serait acceptable et bienvenue. Il conviendrait d’accueillir le temps de rater ses ratages. Faisons comme si on ne pouvait pas s’empêcher de réussir. Il sera toujours temps tranquillement de retrouver ses succès et ratages un peu plus tard. Sous une autre forme sous d’autres cieux. Loin du tout merveilleux la chance de vivre offre un horizon d’intranquillité sereine et hasardeuse. Ouverte à tous les hasards et caprices de l’incertitude
Félix
Published by Guy Aguenier
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POÉSIE
1 octobre 2026
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Hier sans lendemain
Ne vous êtes-vous jamais demandé depuis combien de temps vous étiez mort. C’est-à-dire vivant pour simplifier la question. Certains comme moi auront du mal à répondre vu l’ambiguïté de la chose. Certes c’est tordre le temps à sa guise selon humeur dépression ou trop de pression. Donc je ne parlerai de rien d’autre que des pâquerettes et marguerites que nous oubliions de cueillir et effeuiller à bon escient. Parce que trop occupé à vivre. Avec des préoccupations moins banales. Mais ce n’était qu’une question a fortiori sans réponse. À bon entendeur salut. Hier sans lendemain c’est ici et maintenant. Sans gêne ni question stupide. Curieux cependant je ne pus m’empêcher une dernière information. Est-ce encore loin l’Amérique demandais-je à qui de droit. Tais-toi et nage répondirent-ils.
Félix Léry
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POÉSIE
30 septembre 2026
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Dans un courant d’air
On se crispe peu ou prou au contact de l’étranger. Celui qui vous accoste. Qui s’excuse de vous déranger pour vous parler. Vous signifiant qu’il vous reconnaît. Vous demande si c’est vous qui étiez là-bas vingt-cinq ans plus tôt. Je me souviens de vous dit-il dans telle circonstance. Avec un sourire aimable au point de vous émouvoir. Oui c’est vrai j’y étais. Vous n’avez pas changé dit-il. C’est trop aimable à vous répondis-je merci. Mais où est le cigare que nous aviez sans cesse à la bouche. C’est vrai mais il est resté perché sur vingt-cinq années passées. Après cette brève rencontre dans un courant d’air impromptu une larme a parcouru mon âme. Cette reconnaissance inattendue venue d’ailleurs dans une situation incertaine me saisit agréablement. Comme une résurgence d’un passé émouvant délicieux. Une émotion contemporaine venue d’un autre temps. Après cette brève évocation c’est une autre histoire qui se raconte et fait jour. L’oubli n’étant que l’effacement du calendrier. Mais ce sourire en complicité partagée est présence puissante inattendue. Présence qui attendait sa réactualisation une recréation. Sur les traces d’un passé archivé. Loin de l’angoisse du vide au-dessus duquel nous vivons suspendus. Un étranger avec qui on vit cinq minutes. Le temps d’un bonjour d’une évocation d’un passé sans attaches ni sentiments. Juste une sympathie qui brise l’indifférence. Une sorte de silence sonore cueilli sur le seuil de nos présences sur le chemin de l’absence.
Guy Aguenier
Félix Léry
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18 septembre 2026
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Rendez-vous
Un rien de rendez-vous.
En ravissement de personne.
Le pont d'un regard.
Sans l'estuaire d'une attente.
Noyé jusqu'au silence.
Sur des effluves solitaires.
Agitation spécieuse.
Parmi les flottilles de l’oubli.
Bonheur consumé.
Perdu dans le terrible obscur.
le temps ne sert juste à rien
qu'à couler dans l'abîme du sien
Guy Aguenier
Published by Guy Aguenier
18 septembre 2026
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Au-delà de l’au-delà
C’est encore ici et maintenant
Que tout se conjugue qu’on ignore
Les lignes rouges sont toujours confuses
Quand s’approche le jour d’un rendez-vous absent
Raté de plus dans la ringuette mitée des jours alignés
Quelques esprits endormis s’en donnent à cœur joie
Pour faire école de quelques lignes de conduite
Quand on sait que rien d’avance ne se prédit
Que même le pire n’annonce le meilleur
Que de jeu malheureux à risquer
Une Fausse métamorphose
Il faut un relent de confiance
Pour se livrer au caprice du hasard
Celui-ci n’a rien à gagner de nous suivre
La mièvrerie de nos gestes est de mauvais ton
Une effronterie au destin incompris qui nous guette
Plutôt que faire des plans sur la comète au-delà de l’au-delà
Abandonnons tout de suite les croyances acquises mal archivées
Guy Aguenier
Published by Guy Aguenier
17 septembre 2026
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Là où le poème
Le lexique se vide quand la lecture fuit son office
L’humeur chagrine traverse de confuses larmes
Une flamme tente sa chance entre lumières
Le souffle persiste l’inspiration hésite
Brèves coulées dans l’infini du noir
Sans étoile la boussole se perd
Des paresseux mènent le bal
Les sentiments adhèrent au délire
Les compléments de rimes font défaut
Dans l’élan du quatrain perdu décalé en prose
Sous le nez médusé de cellules mutilées de sommeil
La révolte veille immanquablement obnubilée d’un souci
De renversement radical saupoudré d’évasion des sentier battus
Et donne aux phrases des grains de violence là où le poème manque
Guy Aguenier
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POÉSIE
17 septembre 2026
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Au-delà du principe
À la croisée des chemins
Bifurcation calvaire en question
On peut passer à droite et à gauche
Sans pouvoir se tromper
La loi du hasard régit la chance
Avec plus ou moins de bonheur à la clé
Vaste prairie ensoleillée
Champ vert peuplé de pavots et coquelicots
Paradis enchanteur de jeunesse
Avec une fleur à la boutonnière
Sans boutonnière ni fleur
Comme la vie est simple et parfaite
Quand on apprend à regarder les yeux fermés
Avec un clin d’œil droit de travers
Face grimée d’acier usée du temps
Grimace de fortune expression de misère
Ouverture à l’ombre géante
Des tournures d’esprit en marche tangente
Suivre à son parfum la vérité
Quel que soit le sens du vent et sa destination
Suivre de plus près son mystère
Pour y trouver sa source d’’inspiration
Guy Aguenier
Published by Guy Aguenier
8 septembre 2026
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CONFESSION À MÉRE
Que dire de soi quand on se lâche à se dénoncer des pires faiblesses. Comment qualifier les demandes de pardon à répétition humiliante. Il y a un âge pour tout sans qu’on n’ait toujours à choisir. Mais une énigme m’enchante désagréablement. Me pousse dans des retranchements abusifs. Me confine dans des positions humiliantes. Une phrase s’est glissée dans un rêve qui me disait qui tentait de me dire ce qui se cachait dans cette ambiguïté obscure absurde. Je vous demande pardon de m’avoir abandonné. De m’avoir fait naître sans identité. De n’avoir su me dire qui vous étiez dans votre méchanceté hideuse. Je vous demande pardon mère de m’avoir abandonné. Après m’avoir fait naître. M’avoir privé de nom presque jusqu’à en mourir. Pardon de m’avoir toujours fait taire pour vous éviter de me dire. Les pires vérités de votre miséreuse destinée. Je vous demande pardon de m’avoir maltraité en toute impunité sans vergogne. Je vous demande pardon de n’être pour rien dans votre vie de messaline insalubre. Je ne regrette pas de n’avoir rien à ajouter à ce passé désastreux. Qui continue de me détruire quatre-vingt-quatre ans plus tard. Fâcheuse histoire honteuse impossible à raconter encore moins à oublier. Gravée dans le marbre d’un présent presque heureux sans résilience.
Félix Léry
Guy Aguenier
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26 août 2026
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Carnage du désir
Affrontements sanglants d'un clan d'hommes contre un panel de femmes furieuses. Voyage bestial dans le bocage du désir refoulé. Question dévoyée perdue dans la pagaille des hostilités. Le brassage d'émotions brouille la clairvoyance du rêveur. Les lignes se brisent s'affirment et disparaissent. La vision vacille devant la violence de la rencontre. Les éléments se télescopent au point de fusionner. Les esprits s'échauffent les corps viennent se briser sur le rocher des solitudes infernales. Un mouvement de fond bouleverse l'ordre acquis des fausses sagesses. Les armes s'activent de fulgurances meurtrières. L'affrontement efface les différences longtemps crues étanches. Dans la mêlée plus rien ne se reconnait dans un sexe comme dans l'autre. Les identités ont revêtu le masque du phallus en éruption. La cité se recouvre des cendres du passé. Les larves posthumes se camouflent dans le combat. C'est une lutte à mort en chemin de croix de jouissance. Les dégâts collatéraux sont considérables. Les paillotes endiablées du sommeil d'été volent en éclats. L’univers démonte son chapiteau pour des velléités nomades. La construction n'a pas encore trouvé son terrain d'entente. Les plaies sont vives et la rancœur git à cœur ouvert. La déception des plaies réclame un délai pour la régénération des silences à venir.
Guy Aguenier Félix Léry
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POÉSIE