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19 mai 2022 4 19 /05 /mai /2022 12:22
PASSE DES ORNIERES

 

 

 

 

 

Passé des ornières

 

 

 

Les montures grognent le mors aux dents

Que de vibrantes morsures sur le froid du métal

Prothèse caprice inféodée à la volonté de l’un à l’autre

De l’un sur l’autre que de reniflement de larmes et râles informes

Debout dans l’air gris avec le froid qui coule dans le corps défraîchi

Comme du plomb liquide venu d’un air de la tête jusqu’au pied du vide

C’était une nuée de songes sans paroles ni chansons seulement des silences

Fredonnés au cœur lugubre de l’être en déshérence livré à lui-même au lever

D’un réveil ordinaire sans intensité clairement affichée à la sortie de la nuit

Le jour derrière les paupières avait du mal à se faufiler vers la lumière

Les genoux loin du sol tremblaient sans émotions particulières

Courses tristes en courant d’air venu des lointains oubliés

Pris au piège d’une misère sœur du passé des ornières

 

 

 

 

Guy Aguenier

 

 

 

 

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18 mai 2022 3 18 /05 /mai /2022 12:27
VERITE MENSONGERE

 

 

 

 

Vérité mensongère

 

 

 

 

 

Je te jure je t’assure et tu peux me croire

C’est l’injuste vérité quelque chose venant de la nuit

Que chacun hurle dans l’ombre d’une cruauté partagée

Où es-tu beauté aliénée de fusion hallucinée si grimaçante

Princesse d’un désordre appointé vestige d’illusion perdue

Monde en voie de disparition dans une adhésion au néant

Adhérences résistance acharnée du désespéré lumineux

Hors de l’outrance verbale du dialogue sans coutures

En berne d’idée nouvelle le verbe se teint de noir

Cache-cache du soir dans le miroir de l’autre

Petit mouchoir de soie larmes de crocodile

De poupées roses sans charme ni amant

Eternité du commencement sans jour

Dans les abris froids des solitudes

 

 

 

 

GUY AGUENIER

 

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17 mai 2022 2 17 /05 /mai /2022 14:51
LES YEUX DANS LES SEINS

 

 

Les yeux dans les seins

 

 

 

 

Entre rencontre et heureux événement

Comme hier tu restes un perfide drille

Tu joues à touche moi à faire semblant

D’être normal et fier d’habiter la terre

Tu te lèches savamment lisses ta façade

Offres l’orgasme à la nostalgie du passé

Tu avances à tâtons en cassant les œufs

Du petit rien et puis tu oublies ta prière

Tu ne l’invites pas à nettoyer les restes

Les profits d’amour se cueillent sans toi

La belle femelle s’affranchit des usages

Et répond avec rancœur au mâles boiteux

Enfin usé l’absinthe t’arrive un peu tard

Pour retenter la trace des jours heureux

Tu te trouves très fier en roi de l’univers

Les yeux dans les seins tu te rêves à deux

 

 

 

Guy Aguenier

 

 

 

 

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13 mai 2022 5 13 /05 /mai /2022 15:24
SOUS  LES PORTES

 

 

 

Sous les portes

 

 

 

Chemins de déboires en itinéraire cadencé

Eclats de pacotille au niveau des ceintures

Broutille d’aisance pour faire bonne figure

Ebats juvéniles en croisières adolescentes

Peur de désir masqué effiloché d’ignorance

Gloire romanesque de montées défaillantes

Couleurs franches délabrées par les larmes

De chutes des cours d’une misère attentive

Princes érigés à la hâte sur un fond dévalué

Mortalité moribonde glissée sous les portes

 

 

 

Guy Aguenier

 

 

 

 

 

 

 

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8 mai 2022 7 08 /05 /mai /2022 10:02
DESTINS HUILES

 

 

 

 

Destins huilés

 

 

 

Interdit dans le clair-obscur à guetter

Une bienvenue arrachée au printemps

Sous un feu de bouche pleine de lapsus

De langues vomies de lieux communs

Etriqués d’une genèse issue d’imprévu

Crise subite d’une soudaine évidence

Les maniaques se bardent d’impromptu

Débits vitaux des paradis de l’enfance

Mise subite en ligne des abris de bilan

Matière grise calcinée de destins huilés

 

 

Guy Aguenier

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8 mai 2022 7 08 /05 /mai /2022 09:34
CRIN DE CHEVAL AU-DESSUS DU VIDE

 

 

Crin de cheval au-dessus du vide

 

 

 

 

 

 

Dans une ambiance de piscine ou de gare. Dans un milieu de compétition ou d'évaluation familiale. Recherche des paramètres de chacun dans la nécessité de la performance. Je suis seul au milieu d'une foule. Il y a une auto neuve qui est petite mais bicolore. Elle est parfaitement réussie. Une famille arrive qui me salue m'embrasse, hésite pour certains gestes croisés. Embrassades gênées pour une rencontre autour d'une association destinée à entraîner une équipe de natation. Famille sportive et amicale peu conventionnelle et un peu gelée dans des gestes stéréotypés. Le staff décortique analyse et entre les données recueillies. Tout est au service de l'excellence sportive. L'auto semble être une contrefaçon d'un modèle conçu par un des membres de la compagnie.

La gare coïncide avec la piscine avec ses rails et ses couloirs de nage. Je suis subitement suspendu à un crin de cheval au-dessus du vide. Attaché à un plongeoir hors du bassin de natation. Ailleurs dans le hall grouille un monde qui court dans tous les sens. Le véhicule de deux gris en contraste fait penser à un fourgon mortuaire de bébé ou de jeune enfant. Miniaturisé en somme. Bébé gris constipation de sa mère pour citer une idée qui passe. Une alcôve dans le fond du hall. Grotte providentielle. Lieu de culte, de magie, d'inquiétude et d'étrangeté. Dans ce décor bruyant règne une ambiance de salle des pas perdus dans la multitude plus ou moins anonyme. De moins en moins familière et encore moins accueillante. Cet espace est un lieu de conservation de secrets recueillis par les analyses des techniciens de l'équipe. Quelque chose d'ésotérique se nomme dans cette scène. Se présente comme la préparation à des séances d'initiation à la solitude pour vaincre. Le but est de dépasser l'ordinaire de la masse agitée de spasmes hystériques pour atteindre le surhomme.

Dans le même temps ma femme en vrai celle avec qui je vis se plaint de douleurs cervicales avec migraine. Elle m'apitoie et me harponne avec ses anicroches affectives. Je fonds et la soigne. Vaincu par son charme et l'amour qu'elle m'inspire. Je quitte mon bassin d'exercice solitaire pour revenir à la dépendance moutonnière. Accroché au service domestique de la princesse capricieuse. Il s'agit là de la sérénissime de mon enfance, de l'altesse de ma jeunesse. Cet asservissement est étonnant. Je me sens investi d'une mission d'assistance au bien-être de mes congénères. Inféodé à la maladie d'autrui. Esclave de la jouissance de l'autre qui m'a conduit au deuil de la mienne. Et au ressentiment collatéral pour me jeter dans le vide des ambivalences scabreuses.

Je suis suspendu au-dessus d'un vide par un poil de cul. Poil de cul d'une mère chaude d'hier et morte d'aujourd'hui. Le deuil me submerge d'obscurité avec des flashes assassins de fausses lumières. Éclair de lucidité trop bref et fragile pour m'arracher au néant de mon existence passive. Asservi à rien d'autre qu'à la recherche de l'ombre de mon origine.

                            

 

 

 

Guy Aguenier

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7 mai 2022 6 07 /05 /mai /2022 07:04
MAL À L'ÉPREUVE DU TEMPS

 

 

Mal à l'épreuve du temps.

 

 

 

Sur un trottoir. Sur un mail. N'importe où entre deux informations. On échange des programmes. On questionne les virus. En quête d'un scénario de malheur. Activité humaine immorale. Commerce de machines à se détruire. Complicité d'intérêts mutuels. Le programme en soi n'est pas le mal. Le sujet utilise le prétexte de la puce à l'oreille, pour se construire un cocktail destructeur. À partir d'éléments de sa propre vie, organisée de manière à se faire souffrir. Absurdité invraisemblable. Affreux, humiliant, dingue. C'est la loi du genre humain. Surtout en rêve et ailleurs aussi. Jamais aussi bien desservi que par soi-même, on a tout pour être douloureux, pour s'exposer au péril, à la souffrance. On aurait tort de s'en priver. Mystère masochiste. Jeune, vieux dans des espaces démultipliés. Deux pour un de jadis réduit à un pour deux d'aujourd'hui. Mal à l'épreuve du temps. Incertitude en sous-sol, à la recherche du temps qui reste. Homme comme un taon sur le dos d'un cheval, dixit Socrate. Comprenne qui voudra. Traversée d'une vie comme un éclair. Anicroche d'angoisse accrochée à la mort. Habillé d'amulettes, on tente d'oublier. Avec la trouille de s'installer dans l'éternité. Temps suspendu, nourri de beauté et de fuite. Balivernes, sentence murée dans la galerie des peurs. Garde-fou de la terreur en croyance naïve d'évitement. Il suffit de se convaincre qu'un jour ou l'autre le décrochage est inévitable. Alors autant s'inscrire dans la durée aussi éphémère soit-elle. Sagesse désespérée.

 

 

 

Guy Aguenier

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2 mai 2022 1 02 /05 /mai /2022 18:07
CHANSON DE LA VEILLE

 

 

Chanson de la veille.

 

Quand la lune broie le jour, comme elle pince comme elle déchire. Elle sortilège. Je crépuscule. Une inquiétude me cimente dans le soir. Maîtresse de la nuit, malicieuse traîtresse, ton vague s'empare de mon âme. La feuille d'enfant quitte sa fronde, les orifices lèvent leur pont. Le vice envahit la nuit. À quoi bon que je monte, la saison est trop haute et il se fait très tard. Je vide mon sac et tu me renvoies. À minuit tu m'éteins et tout fout le camp. Je croyais que demain… Et n'ai pu qu'espérer.

Quand ton chien suivait le mien, qu'il était bon le temps. Nos cerveaux étaient neufs, aujourd'hui notre vieillesse est veuve, et son parchemin réduit à la vente. Tu auras l'usufruit du souvenir, tu me vendras à la sauvette sur les quais parmi les vermisseaux. Les pentes auront aussi leurs voiles. Et ta pelisse tendre que devient-elle. Et nos baisers hiboux, nos mains de ficelles comme elles faisaient fou. Tu te rappelles.  Sur ton radeau en colère ta folie en tapage arrimait notre vaisseau. Quel vagabondage, quelle expédition sauvage. Nous nous croyions armés sur nos arbres perchés.

Je tenais ta limace printanière entre deux doigts d'hésitations. Nos décisions étaient belles, nos escales des poubelles. Oui princesse égarée d'un ailleurs pestilent, je t'aime de main morte. Je suis ton trip à quatre pattes, tu pompes ma pâleur électrique. Mes écluses fondent sur ton passage, je te conjugue en bavant. Tes bulles éclatent de haine, d'humeur sans gêne. Si tu veux un marmot, cherche dans mes graines, tu trouveras une goutte de surplus et tu verras combien coûte ma peine.

Celle que je croyais loin était celle que j'aimais. Mon artichaut s'est fendu sur ton glaive brûlant. Ton corps me fait cuirasse. Je ne sens plus tes dents, où les as-tu laissées. Dans quelle couche encore t'es-tu semée. Les vieux disaient que ça ne repoussait pas et toi hirondelle tu m'as planté. Je circule en nageant dans ton arène fermée. Ouvre-moi je t'en supplie. Descends. Envoie-moi l'envie que tu a cachée. Les chaussettes se vident mais ce n'est pas moi. Et te souviens-tu comme elles sentaient l'amour ! Le dernier, juste avant que l'époque ne fût percée. Nous avons fui d'un désaccord parfait de deux notes brisées.

Il y eut un silence et tu repris les chansons de la veille. Mes craintes sont restées. Écoute si ça ne va pas n'hésite pas appelle-moi. Je décrocherai l'horizon de ton champ dévasté. Nous aèrerons nos mines et construiront un musée. Nous l'ouvrirons aux fées. Tu nous feras du miel, que je te servirai en costume de lion. Je rugirai ton sexe, tu dompteras mes restes, et nous nous aimerons comme deux fous sans nuit.

 

 

 

Guy Aguenier

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30 avril 2022 6 30 /04 /avril /2022 14:05
UNE CLAQUE A LA FOIS

 

 

 

Une claque à la fois

 

 

Les maux s’affichent en dérision pour s’écrire

Bonjour monsieur la tête éclate de devoir le saluer

Ce mec était une erreur la mère avait dû se gourer

La relation était scellée pour de vrai avec un air idiot

La recette du premier jour valu jusqu'au dernier

C’est seulement sur son cadavre qu’il glissa un pardon

Avec respect en reculant la tête par pure précaution

Les réflexes chez certains sont devenus l'évidence

Les mesures valent bien au-delà des règles

Tout homme sait que n'est pas père qui veut

Un étranger avait osé poser la main sur sa proie

Juste pour lui faire avouer qu'il serait bien son père

La blague était grosse et valait son pesant de géniteur

Les coups allaient pleuvoir comme une grêle d’orage

Si une étoile avait dû mourir à chaque volée reçue

Le ciel serait certainement vide depuis longtemps

Le bourreau de celui-ci voulait qu'on l’appelle père

Oui bien sûr monsieur mais aïe s'il vous plaît pardon

Baisser les yeux ou les lever allait revenir au même

L'idée d’insolence était le leitmotiv de ses obsessions

Non pas sur la tête mais le geste était preste et brutal

Même pas mal vas-y plus fort mon pote je m'en fous

Un jour j'aurai ta peau que je tannerai en carapace

        Le rebelle n'a de cesse de devancer l'appel extrême

Devenir le plus fort malgré châtiments et ricanements

Les nerfs hideux de honte se roulaient dans leur venin

Les dimanches ne dispensaient pas que de belles prières

Le reclus dans sa cellule jouait des murs avec le front

Le tam-tam des oreilles perdait le ronron des manèges

Les trous sillonnaient le crâne pour y chercher la raison

Aucune issue ne s'offrait au corsaire de pacotille

Il en prenait pour son grade jusqu'à saigner du nez

Et ce n'est pas grave il y avait pire encore à venir

Aller chercher le chaos pour que le match s'arrête

Mais la partie continuait sur son chemin de croix

Le christ vivait son calvaire pour rejoindre son père

        Dans l'ombre anonyme d'autres meurent au pilori

Le pouvoir absolu des tyrans s'exerce sans partage

C'est aux dépens de soi que la partie continue

Les abris avaient quitté les honneurs de la guerre

Les survivants sortaient pour panser leurs blessures

Les bambins sans nom s'accrochaient aux biberons

Pour devenir les champions de la mise en échec

En attendant enfin leur tour pour se taper des filles

L’overdose de connerie allait faire des ravages

L’Amazonie n'est qu'un square pour les géants barbares

Puis on restera tout petit pour le restant de sa vie

C'est comme au théâtre on rit on pleure on applaudit

La claque épate quand elle vous mord la joue

Les dégâts collatéraux des attaques frontales

Torpillent les acteurs trop soucieux de leur texte

Les spectateurs épatés attendaient un miracle

Naturaliser les sauvages en canailles empaillées

Leurs gueules à claque excitaient les bigotes

Le malheur pleurait la fuite des mots d'amour

La vérité était que tout le monde s'en foutait

Chacun dans son cerveau rédige son testament

Alors qu'au fond de soi hurle toujours un enfant

On le tue bêtement pour entretenir le prince

Qui profitera de tout au frais de la princesse

La vie aurait le dernier mot serait toujours belle

Les saisons endeuillées ravivaient leurs couleurs

Le soir tout le monde rentrerait pour nourrir ses frayeurs

Les uns avaient peur du loup les autres de la bergère

Dieu redescendrait pour tous jusqu'à le tutoyer

Une belle ambiance régnait dans cette sainte famille

Les vieux abandonnés crevaient la dalle

Les jeunes embastillés ruminaient leur vengeance

Les méninges s'échauffaient en narguant l’extincteur

Depuis toujours le délinquant endossait sa tunique

        Personne au rendez-vous pour lui régler la pendule

Depuis la coulpe bat son plein et la coupe se vide

Le temps courrait après l'argent pour rembourser sa dette

Le facteur descendait par la cheminée récupérer ses lettres

Nous montions amusés au sommet de nos rêves

        La vitesse du sommeil ne permettait pas de les attraper

Nos réveils castrés faisaient beaucoup de victimes

Au premier rang desquelles de jeunes femmes en larmes

Offusqué de souffrir l'intéressé faisait bonne figure

Devant la scène filmée sauvagement de l'intérieur

 

 

 

Guy Aguenier

 

 

 

 

 

 

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26 avril 2022 2 26 /04 /avril /2022 20:56
CESARIENNE OU PRESQUE

 

 

 

Césarienne ou presque.

 

 

 

 

Une porte large, double, protégée d’un rideau métallique pour assurer la protection, peut-être d'un magasin, ou d'un garage…Des fils débordent étrangement de la fermeture, qui bousculent ce qu'il y a dedans quand on les tire. Sans pouvoir pour autant les arracher, ni extraire le contenu du local, tout semble solidarisé, accroché à la même résistance. Je sectionne au plus près en tirant très fort, les filins de l'extérieur, avec un instrument très tranchant, scalpel, rasoir coupe chou, ou cutter. En complément de cette première séquence, le tableau d'une scène très théâtrale, tragi-dramatique, d'un combat organisé au couteau ou peut-être bistouri. J'arbitre, essaie de donner des règles pour protéger l'intégrité des combattants. Mais c'est la guerre. Et on ne fait pas la guerre sans casser des hommes. C'est effrayant. Je propose naïvement des colliers de caoutchouc pour protéger la gorge, et des gants pour les mains. Aussi des gaines de protection pour les ligaments des articulations. Mais rien n'est vraiment satisfaisant. C'est agaçant, décourageant, terriblement absurde, et malgré tout excitant. Tout se passe comme s’il ne pouvait pas en être autrement. La scène se passe devant la maison de mon grand-père. Les images de maisons sont réellement existantes. Le volet de fer, sur le trottoir d'en face qui n'existe pas, existe lui bel et bien. La rue affleure la façade. L'action se déplace d'un garage vide à l'habitation contiguë, où je suis censé avoir été conçu, sans mon consentement. Image d'un plein résistant habité, au vide sans auto du local d'à côté. On tranche dans le vif. Ceci évoque une tentative d'avortement qui a échoué. Une grossesse laborieuse qui ne tenait qu'à quelques fils et une naissance avec forceps et fracas. L'objet du délit tellement difficile à évacuer. Les résistances au jour sont puissantes. La violence de la scène engendre un cortège de symptômes de sensations étranges. Contraste angoissant entre le plein et le vide. Avec entre les deux, une césure comme une césarienne. Comme une opération d'évacuation paniquée et paniquante révélant des angoisses d'expropriation. Au demeurant, du lieu de la conception. Expatriation du ventre de la parturiente, sortir d'un ventre plein d'illusions et de rancœurs par le goulot étroit d'étranglement qui freine les échanges entre le dehors et le dedans. Mouvements entravés. Liberté de sortir compromise par les résistances conjuguées de la mère et l'enfant, pour garder entre autres la sensation pléthorique d'objets en tous genres. D'obsessions, de frustrations et 'illusions. De culpabilité et d'excitation qui entravent le cours des évacuations vers le vide de l'existence. Vide à imaginer pour tenter d'être libre. Et là, suspendu, je gis dans une ambiguïté douloureuse. Déjà l'asphyxie, le blocage mental et la promesse d'un avenir compromis. Le trou de mémoire. Pour évoquer le retard des fonctions vitales, digestives, respiratoires, intestinales. Atteinte au flux premier de la vie. Le mot manque jaillit en obstacle à la pensée. Occlusion. Voilà, l’air revient et ça repart. Donc être à la porte d'un côté ou de l'autre. Angoisse du dedans et du dehors. Barrage dans le va-et-vient. Frein au mouvement, des émotions, de l'énergie et du désir coincé derrière le rideau. La faute est là dans le regard, de l'autre, de la mère qui s'inscrit, s'immisce morbide, dans la folie du berceau d’un nouveau venu. Exil d'amour dans le vide d'un jour affreux. Dommage que ce fut celui d'une naissance.

 

 

 

 

Guy Aguenier

 

 

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